Diléviathan
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Chapitre 22

La Dernière Minute

Publié le 28 août 2026

« L'avenir ne nous apparaît plus comme totalement déterminé par le passé ; il comporte une part d'imprévisible et de création. »

— Henri Bergson, La Pensée et le Mouvement, Félix Alcan, 1934

Mai, J+3, trois jours après l'élection

Il ne bougea pas.

Les pas dans le couloir devenaient plus forts. Plusieurs paires de chaussures sur le sol en béton. Des ordres criés, brefs, professionnels.

Gabriel resta devant le routeur central.

Dans son oreille, la voix de Zara comptait avec lui.

Ses mains tremblaient. Il les enfonça dans ses poches.

La lumière du dispositif clignotait toujours. Verte. Régulière. Comme un battement de cœur mécanique.

Encore combien de temps ?

Deux minutes ?

Une minute trente ?

Le hurlement de l'alarme continua. Il sentait la vibration dans ses dents, dans ses os. Les lumières rouges des serveurs projetaient des ombres mouvantes sur les murs.

Il scruta les alentours.

La salle des serveurs était immense. Une cathédrale de verre et de métal. Des rangées et des rangées de machines qui clignotaient, qui respiraient, qui traitaient les données de millions de personnes.

Et dans quelques minutes, toute cette cathédrale sera cassée.

Ils ne pourront plus me suivre.

Ils ne pourront plus suivre personne.

La porte s'ouvrit.

Quatre hommes entrèrent.

Ils portaient des uniformes noirs. Des armes à la ceinture. Des casques avec des visières relevées. Ils se déployèrent en demi-cercle, les armes pointées vers lui.

— Ne bougez pas, dit le premier.

Gabriel leva les mains lentement. Les paumes ouvertes.

— Je ne bouge pas.

Le deuxième garde s'approcha du routeur. Il regarda le dispositif. La lumière verte.

— Qu'est-ce que c'est ?

— Un virus, dit Gabriel.

Le garde le regarda. Ses yeux étaient gris, durs, professionnels.

— Vous êtes fou.

— Peut-être.

Le premier garde parla dans un micro à son épaule.

— Suspect neutralisé. Dispositif non identifié sur le routeur central. Demande instructions.

Une voix grésilla dans le micro.

— Restez sur place. Ne touchez à rien. J'arrive.

Gabriel reconnut la voix.

Hélène Roussel.

Elle arriva trente secondes plus tard.

Elle portait un tailleur bleu foncé. Ses cheveux étaient tirés en arrière. Elle tenait une tablette dans une main, un café dans l'autre. Les gardes s'écartèrent sur son passage.

Elle s'arrêta à deux mètres de Gabriel.

Elle le dévisagea.

Longtemps.

Puis elle dit:

— Vous êtes plus têtu que je ne le pensais, Monsieur Moreau.

Gabriel ne répondit pas.

Elle s'attarda sur le dispositif. La lumière verte.

— Combien de temps ?

— Assez.

— Assez pour quoi ?

— Pour que ça marche.

Elle secoua la tête. Pas de colère. Presque de l'amusement.

— Vous savez que ça ne changera rien, n'est-ce pas ? Même si votre virus se déploie, nous le corrigerons en une semaine. Nous avons des équipes entières dédiées à la sécurité. Des ingénieurs qui ne font que ça. Vous avez acheté sept jours de liberté. Rien de plus.

Elle s'approcha. Ses talons claquaient sur le sol.

— Sept jours, Monsieur Moreau. C'était quoi, votre objectif ? Faire parler de vous ? Devenir un symbole ? Parce que dans une semaine, personne ne se souviendra de votre nom.

Gabriel soutint son regard.

Il pensa à Amélie.

"Plante les graines. Laisse-les pousser après ton départ."

Il dit:

— Il ne s'agit pas du virus.

Elle haussa un sourcil.

— Non ?

— Non.

Il baissa les mains. Les gardes braquèrent leurs armes sur lui. Il les ignora.

— Il s'agit des gens qui m'ont vu faire ça. Des gens qui entendront parler de ce que j'ai fait. Vous pouvez corriger le virus en une semaine, Madame Roussel. Mais vous ne pouvez pas corriger ça.

Elle le regarda.

Ses yeux étaient calmes. Froids. Mais, derrière cette froideur, il crut voir une lueur de reconnaissance.

— Vous avez pensé à ce que vous laisseriez derrière vous, dit-elle. Pas juste à l'attaque.

— Oui.

— Qui vous a aidé ?

— Personne.

— Ne mentez pas.

— Je ne mens pas.

Elle soupira. Elle but une gorgée de son café.

— Vous êtes un idéaliste, Monsieur Moreau. C'est votre problème. Vous croyez que les gens se soucient de la vérité. Que les symboles comptent. Mais les gens veulent du confort. De la sécurité. Ils veulent qu'on leur dise quoi penser, quoi acheter, quoi voter. Votre petit geste ne changera rien.

— Peut-être.

— Certainement.

— Alors pourquoi êtes-vous là ?

Elle ne répondit pas.

Le dispositif émit un bip.

Gabriel fixa la lumière.

Verte. Stable.

Fini.

C'est fini.

Il recula d'un pas. Il tendit les mains.

— J'ai fini, dit-il.

Les gardes s'approchèrent. L'un d'eux lui saisit le bras. L'autre lui attrapa l'autre bras. Ils le retournèrent, lui firent mettre les mains dans le dos.

Il sentit le froid des menottes sur ses poignets.

— Gabriel.

La voix de Zara. Dans son oreille. À peine audible.

— Gabriel. Ça a marché. Le système de profilage s'effondre. Ils sont aveugles. Tu as réussi.

Il sourit.

Un garde vit le sourire. Il fronça les sourcils.

— Qu'est-ce qui vous fait sourire ?

Gabriel ne répondit pas.

Un autre garde lui retira l'oreillette. Il la considéra, la jeta par terre, l'écrasa sous sa botte.

Le petit craquement du plastique.

Et puis plus rien.

Le silence.

Hélène Roussel s'approcha. Elle se pencha vers lui.

— Vous savez ce qui va arriver maintenant, n'est-ce pas ?

— Oui.

— Vous irez en prison. Pour longtemps. Vous ne verrez plus votre famille. Vous ne verrez plus vos amis. Vous passerez le reste de votre vie dans une cellule.

— Je sais.

— Et ça en valait la peine ?

Il la regarda.

Ses yeux étaient rougis. Mais calmes.

— Oui.

Elle secoua la tête.

— Vous êtes un idiot.

— Peut-être.

Elle fit un geste. Les gardes le tirèrent vers la porte.

Une dernière fois, il contempla la salle des serveurs.

Les lumières vertes.

Les lumières rouges.

Le dispositif, toujours branché, toujours allumé.

Tout a marché.

J'ai réussi.

Ils le firent sortir.

Le couloir était blanc. Lumineux. Stérile. Comme un hôpital.

Ils le firent marcher. Ses pas résonnaient sur le sol. Les pas des gardes derrière lui.

Il pensa à Amélie.

"Plante les graines. Laisse-les pousser après ton départ."

J'ai planté les graines.

Maintenant, il faut attendre.

Ils arrivèrent à un ascenseur. Un garde appuya sur un bouton. Les portes s'ouvrirent.

— Montez, dit le garde.

Gabriel monta.

L'ascenseur monta.

Il sentit la pression dans ses oreilles.

C'est la dernière fois que je vois cet endroit.

La dernière fois que je suis libre.

Il se recueillit.

Il pensa à sa mère.

Elle ne saura pas ce que j'ai fait.

Pas tout de suite.

Mais un jour, peut-être.

Peut-être qu'elle comprendra.

L'ascenseur s'arrêta.

Les portes s'ouvrirent.

Ils étaient dans un hall. Grand. Moderne. Des plantes vertes dans des pots. Une réceptionniste derrière un bureau. Des écrans partout.

Les écrans montraient des informations.

Des alertes.

— Système de profilage hors ligne.

— Erreur critique. Redémarrage en cours.

— Veuillez patienter.

Gabriel sourit.

Un garde le poussa.

— Avancez.

Ils traversèrent le hall. Des regards les suivaient. Des employés de VIVRE. Des agents de sécurité. Des gens en costume.

Ils l'examinaient comme on examine un animal dangereux.

Il soutint leurs regards.

Regardez-moi.

Souvenez-vous de mon visage.

Racontez à vos amis ce que vous avez vu.

Plantez les graines.

Ils arrivèrent à une porte. Une porte en métal. Sans poignée. Un garde appuya sur un bouton. La porte s'ouvrit.

Derrière, un couloir plus sombre. Plus étroit. Des cellules.

La prison de VIVRE.

Le garde le poussa à l'intérieur.

— Au fond, à droite.

Gabriel avança.

Il compta les cellules.

Une. Deux. Trois. Quatre.

La cinquième.

La porte était ouverte.

Il entra.

La cellule était petite. Un lit. Une toilette. Un lavabo. Un écran au mur.

L'écran montrait les informations.

— Système de profilage hors ligne.

— Erreur critique.

Il s'assit sur le lit.

Il entendit la porte se fermer derrière lui.

Le bruit du verrou.

C'est fini.

Je suis prisonnier.

Mais le plan a marché.

Il se tourna vers l'écran.

— Les experts parlent d'une cyberattaque sophistiquée. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.

Il sourit.

Ils ne sauront jamais qui a frappé.

Pas tout de suite.

Mais un jour.

Un jour, ils sauront.

Il s'allongea sur le lit.

Le matelas était dur. L'oreiller était plat.

Mais il était vidé.

Plus vidé qu'il ne l'avait jamais été.

Il fit le vide autour de lui.

Il pensa à Zara.

Elle est en sécurité.

Elle est loin.

Elle a réussi.

Il pensa à Amélie.

Elle a eu raison.

Les graines sont plantées.

Maintenant, il faut attendre.

Il pensa à son père.

Il ne comprendra jamais.

Mais ce n'est pas grave.

Ce n'est pas pour lui que j'ai agi.

Il pensa à Solène.

Elle est morte pour ce moment.

Pour que je puisse le vivre.

J'espère que tu es fière, Solène.

J'espère que tu nous vois.

Il revint au réel.

L'écran continuait de dérouler les informations.

— Le système de profilage devrait être rétabli dans les prochains jours.

— Les experts disent que l'attaque a été rapidement contenue.

— Aucune donnée n'a été compromise.

Menteurs.

Ils mentent.

Tout a été compromis.

Tout est cassé.

Et ils ne peuvent pas le réparer.

Il se leva.

Il s'approcha de l'écran.

Il suivit les informations défiler.

— Le ministre de l'Intérieur a condamné l'attaque.

— Des mesures de sécurité renforcées sont mises en place.

— Le système de profilage est essentiel à la sécurité nationale.

Non.

Il est essentiel à votre contrôle.

À votre pouvoir.

Et maintenant, il est cassé.

La satisfaction le traversa.

Des pas résonnèrent dans le couloir.

Il se tourna.

Un garde s'arrêta devant sa cellule.

— Repas dans une heure, dit le garde.

— Merci, dit Gabriel.

Le garde le dévisagea.

— Vous êtes calme.

— Oui.

— Pourquoi ?

Gabriel haussa les épaules.

— Parce que j'ai fait ce que je devais faire.

Le garde secoua la tête.

— Vous êtes fou.

— Peut-être.

Le garde partit.

Gabriel resta seul.

Il fixa l'écran.

— Le système de profilage est hors ligne.

— Les services de recommandation sont perturbés.

— Les publicités ciblées ne fonctionnent plus.

Tout commence.

Les premières fissures.

Dans quelques jours, les gens commenceront à remarquer.

Dans quelques semaines, ils commenceront à se poser des questions.

Dans quelques mois, ils commenceront à agir.

Il se laissa tomber sur le lit.

Il attendit.


Le repas arriva une heure plus tard.

Un plateau en plastique. De la purée. Un morceau de viande. Des légumes. Un verre d'eau.

Il mangea.

La nourriture était fade. Mais il avait faim.

Il finit le plateau.

Il but l'eau.

Il posa le plateau près de la porte.

Il attendit.


Les heures passèrent.

L'écran diffusait toujours les informations.

— Le système de profilage est toujours hors ligne.

— Les ingénieurs travaillent à rétablir le service.

— Aucune date de rétablissement n'a été annoncée.

Ils ne peuvent pas le réparer.

Ils ne peuvent pas.

Parce que ce n'est pas juste un virus.

C'est une idée.

Et les idées ne se réparent pas.

Il se redressa.

Il marcha jusqu'à l'écran.

Il toucha le verre.

C'est pour toi, Solène.

C'est pour toi, maman.

C'est pour tous ceux qui ont été victimes de ce système.

Il ne lutta plus.

Il sentit une larme couler sur sa joue.

Il ne l'essuya pas.

Je suis libre.

Même ici.

Je suis libre.

Il s'arracha à sa torpeur.

Il relut l'écran.

— Le système de profilage est toujours hors ligne.

Une vague de paix l'envahit.

Les graines sont plantées.

Maintenant, il faut attendre.

Il s'installa sur le lit.

Il attendit.


La nuit tomba.

La lumière dans la cellule devint plus faible. Plus bleue.

L'écran montrait encore les informations.

— Le système de profilage est toujours hors ligne.

— Les experts sont perplexes.

— L'attaque est sans précédent.

Gabriel s'allongea sur le lit.

Il contempla le plafond.

Il pensa à ce qui allait arriver.

Le procès.

La prison.

Les années.

Mais je suis prêt.

Je suis prêt.

Il s'immobilisa, à l'écoute.

Des pas se rapprochèrent dans le couloir.

Plusieurs personnes.

Il se raidit.

Des gardes s'arrêtèrent devant sa cellule.

Deux d'entre eux.

— Levez-vous, dit l'un d'eux.

Gabriel se leva.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Vous avez un visiteur. Le parloir. Dix minutes.

Il fronça les sourcils.

— Qui ?

— Suivez-nous.

Ils ouvrirent la porte.

Ils le firent sortir.

Ils le firent marcher dans le couloir.

Ils arrivèrent à une porte.

Un garde l'ouvrit.

Derrière, une salle. Une vitre épaisse, du sol au plafond. Deux cabines. Deux combinés.

Et une femme.

De l'autre côté du verre.

Assise.

Elle leva les yeux vers lui.

Elle avait les cheveux gris. Des yeux cernés. Elle portait un manteau bleu.

Il la reconnut.

Sa mère.

Il décrocha le combiné.

— Maman ?

Elle se leva.

Elle se pencha vers la vitre.

Elle décrocha le sien.

Ses yeux s'attardèrent sur lui.

Longtemps.

Puis elle dit:

— Gabriel.

Sa voix tremblait.

— Maman, qu'est-ce que tu fais ici ?

— Je suis venue te voir.

— Comment as-tu su ?

— J'ai vu les informations.

Elle le fixa.

— C'était toi, n'est-ce pas ?

Il ne répondit pas.

— C'était toi, répéta-t-elle.

— Oui.

Elle marqua un temps.

— Pourquoi ?

— Parce que je devais le faire.

— Pourquoi ?

— Parce que Solène est morte à cause de ce système. Parce que des milliers de personnes sont mortes à cause de ce système. Parce que je ne pouvais plus rester les bras croisés.

Elle se ressaisit.

Elle le regarda.

— Tu aurais pu mourir, dit-elle.

— Je sais.

— Tu aurais pu être tué.

— Je sais.

— Et ça en valait la peine ?

Il la regarda.

— Oui, dit-il.

Elle secoua la tête.

— Tu es comme ton père.

— Non.

— Si. Le même entêtement. La même conviction que tu as raison.

— Ce n'est pas de l'entêtement, maman. C'est de la conscience.

Elle le regarda.

Longtemps.

Puis elle dit:

— Je suis fière de toi.

Il la dévisagea.

— Quoi ?

— Je suis fière de toi.

Elle posa sa main contre la vitre.

Il y appuya la sienne.

Il vit ses larmes couler, de l'autre côté du verre.

— Je suis fière de toi, répéta-t-elle.

Il ne dit rien.

Il garda sa main contre la sienne, le verre entre eux.

Je suis libre.

Même ici.

Je suis libre.


Les gardes le ramenèrent dans sa cellule.

Il se rassit sur le lit.

— Le système de profilage est toujours hors ligne.

— Les ingénieurs travaillent à rétablir le service.

— Aucune date de rétablissement n'a été annoncée.

La certitude lui réchauffa la poitrine.

Les graines sont plantées.

Maintenant, il faut attendre.

Il s'allongea sur le lit.

Il retint son souffle.

Des pas s'approchèrent dans le couloir.

Ils s'arrêtèrent devant sa cellule.

Il sursauta.

Un garde se tenait là.

— Vous avez un autre visiteur, dit-il.

Gabriel se leva.

— Qui ?

— Suivez-moi.

Il suivit le garde.

Ils traversèrent le couloir.

Ils arrivèrent à la même salle.

La même vitre.

Les mêmes combinés.

Et une femme.

De l'autre côté du verre.

Elle avait les cheveux noirs. Des yeux verts. Elle portait un manteau rouge.

Il la reconnut.

Zara.

Il décrocha le combiné.

— Zara ?

Elle décrocha le sien.

Elle se leva.

Elle vint se placer contre la vitre.

Ses yeux s'arrêtèrent sur lui.

— Tu es vivant, dit-elle.

— Oui.

— J'avais peur.

— Je sais.

Elle appuya sa paume contre le verre.

Il y appuya la sienne.

Leurs paumes se touchaient à travers le verre.

— Ça a marché, dit-elle.

— Je sais.

— Ils sont aveugles.

— Je sais.

— Tu as réussi.

— Je sais.

Elle recula.

Elle chercha son regard.

— Qu'est-ce qui va arriver maintenant ?

— Je vais en prison.

— Pour combien de temps ?

— Longtemps.

— Et après ?

— Après, je sortirai.

— Et tu feras quoi ?

Il la regarda.

— Je recommencerai, dit-il.

Elle sourit.

— Je savais que tu dirais ça.

— Tu me connais bien.

— Oui.

Elle se pencha vers le verre.

Elle posa ses lèvres sur le verre, en face de lui.

Il fit de même.

Il sentit le froid de la vitre contre sa bouche.

Il savoura l'instant.

Je suis libre.

Même ici.

Je suis libre.


On le ramena dans sa cellule.

Il s'assit, vidé, sur le lit.

Il consulta l'écran.

— Le système de profilage est toujours hors ligne.

— Les ingénieurs travaillent à rétablir le service.

— Aucune date de rétablissement n'a été annoncée.

Il respira, profondément.

Les graines sont plantées.

Maintenant, il faut attendre.

Il s'allongea sur le lit.

Il laissa germer la certitude.

Les graines sont plantées.

Maintenant, il faut attendre.

Un frisson de triomphe le parcourut.

Mais tout a déjà commencé.

Le processus est déjà lancé.

Ses yeux allèrent à l'écran.

L'ironie le fit presque rire.

Ils ne peuvent pas le réparer.

Parce que ce n'est pas juste un virus.

C'est une idée.

Et les idées ne se réparent pas.

Il s'allongea sur le lit.

Il se livra à la nuit.

Je suis libre.

Même ici.

Je suis libre.

Il s'endormit.

Et pour la première fois depuis longtemps, il dormit sans faire de cauchemars.